Eau de Coco poursuit ses activités de sensibilisation environnementale à destination des jeunes et des populations de la région sud-ouest de Madagascar. « Protéger et respecter les ressources de la terre et de la mer » est le message fort de cette sensibilisation.

Ainsi, depuis le 2 août 2015, Eau de Coco met à la disposition de la population et des touristes une exposition permanente d’un squelette reconstitué de baleine à bosse.

Il s’agit de l’unique squelette de baleine à bosse reconstitué de l’océan Indien et probablement l’unique existant au monde, d’après certains spécialistes nationaux et internationaux.

C’est une richesse pour Madagascar qui est mise en avant dans le Centre d’Éducation Environnementale Mangily Forêt d’Eau de Coco aux portes de l’Hôtel Solidaire Mangily (à une trentaine de kilomètres au nord de Tuléar).

Les baleines à bosse, une espèce à protéger

« Les baleines surtout les baleines à bosse sont une espèce emblématique et sont les seules qui fréquentent de très près les zones côtières », remarque Anjara Saloma, chercheuse de l’Université Paris Sud et de l’Université d’Antananarivo et spécialiste scientifique de Cetamada, une association malgache de préservation des populations de mammifères marins et de leur habitat.

« Les baleines ont été depuis longtemps décimées par la chasse et dans les années 90, la majorité des espèces étaient en voie de disparition. La baleine à bosse qui est une espèce côtière lors des périodes de reproduction et de mise bas a été l’une des plus touchées car il ne restait plus que 10% de l’effectif initial. Actuellement, la population mondiale de baleine à bosse augmente entre 5 à 10% et l’espèce est maintenant classée « préoccupation mineure » par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), mais ce statut est dépendant des mesures de conservation », ajoute-elle.

Dans le souci de la conservation d’un squelette de baleine à bosse, Eau de Coco mise sur l’éducation et la sensibilisation de la communauté locale et touristique contre l’exploitation de cette espèce. L’exposition et ses panneaux explicatifs sont des supports pédagogiques donnant des explications sur le mode de vie, les comportements, les raisons de la migration et la morphologie des baleines à bosse.

« La reconstruction est très intéressante d’un point de vue sensibilisation, car elle permet de visualiser l’animal en entier, de se rendre compte de sa taille et d’aborder différents aspects sur la biologie de cette espèce », remarque Violaine Dulau, chercheuse de l’Université de La Réunion et membre du Groupe local d’observation et d’identification des cétacés (Globice).

Petite histoire technique de la reconstitution

La baleine reconstituée est une baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) d’environ sept ans, qui s’est échouée en 2011 sur les côtes d’Anakao, au sud de Tuléar. Eau de Coco a récupéré le squelette en 2013. Ensuite, les os ont été minutieusement numérotés, patiemment nettoyés et stockés.

En septembre 2014, l’équipe passe à l’assemblage proprement dit, avec le concours de toutes les énergies et de tous les savoir-faire. C’est auprès des grands spécialistes de la question qu’Eau de Coco a effectué un travail de recherches mais c’est avec ses propres moyens qu’elle se lance dans l’aventure du montage de l’unique squelette de baleine à bosse de l’océan Indien.

Près d’une tonne, 15 mètres de long et plus de 300 os

En quelques chiffres, le squelette mesure 15 mètres de long avec plus de 300 os différents. Le poids total avoisine la tonne. Le montage est entièrement suspendu par une structure tubulaire montée sous une paillote de 17 mètres de long sur 6 mètres de large.

Après de nombreux essais qui s’étalent sur neuf mois de travail, le squelette est entièrement monté et l’inauguration du 2 août 2015 permet à cette belle aventure de se dévoiler aux yeux du public et ainsi, de participer à la sensibilisation à la protection du monde marin, notamment à la protection des cétacés auprès des populations malgaches et des touristes solidaires de passage.

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